calimera: (Castiel (Supernatural))
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Il y a des films, des livres ou des séries où l'idée d'un fandom semble peu probable : parce que le sujet en question est assez vieux pour qu'il n'intéresse habituellement pas les jeunes générations ou à cause des thèmes du sujet (dur, triste). Le Pianiste fait partie de cette catégorie de film pour lequel on n'imagine habituellement pas qu'il puisse y avoir un fandom. Et pourtant.

Lors de mon premier visionnage, je m'étais dit que c'était un film grandiose mais aux thèmes tellement durs et marquants que le voir une seule fois me suffirait. Puis, quelques années plus tard, j'ai décidé de lire le livre, les mémoires du vrai Wladyslaw Szpilman, et j'ai été captivée. J'ai relu ce livre récemment, ce qui m'a fait replonger plusieurs fois dans le film que je trouve fidèle au livre et spectaculaire, malgré quelques différences (le personnage de Dorota qui est fictif, le dialogue avec le soldat allemand quelque peu modifié, etc).

Cela fait pourtant un bon moment que je connais l'existence d'un fandom pour Le Pianiste, quelques rares fanarts, des edits, et quelques fanfictions, surtout sur Szpilman et Hosenfeld. La plupart sont plus ou moins slasheuses, mais je ne m'en plains pas vraiment (vu que je considère que ce sont les personnages du film et non de la vie réelle qui sont slashées), d'autant plus qu'elles explorent un sujet qui me plaît beaucoup (attention spoilers) : ....................................................................................... et si Szpilman avait retrouvé et sauvé Hosenfeld ?

C'est un sujet qui me tient à coeur, d'autant plus que dans les mémoires de Szpilman, nous avons le journal du vrai Wilm Hosenfeld, ce qui nous permet de découvrir un peu mieux cet homme et de s'apercevoir que c'était un homme infiniment bon, qui a sauvé la vie à de nombreux Juifs, et qui n'a pas mérité son sort. D'où mes interrogations frustrées : et si, dans le film comme dans la vie réel, Szpilman avait pu retrouver et sauver Hosenfeld ? Comment cela se serait-il déroulé et comment Hosenfeld aurait pu vivre, par la suite ?

J'ai donc essayé d'imaginer quelque chose, en me basant davantage sur le film (car ça me fait bizarre d'essayer d'imaginer ce scénario dans la vie réelle, c'est une époque pas si loin de nous en fin de compte), mais avec quelques éléments du livre.


Wladyslaw Szpilman a cherché son sauveur dès la fin de la guerre (et c'est véridique, quand on lit les notes de fin du livre), mais n'ayant ni de nom ni de grade, il lui est impossible de trouver son improbable sauveur. Il n'avait pas demandé son nom, dans le cas où il était capturé et torturé, afin de ne pas le trahir. Seulement, s'il n'avait pas son nom, le soldat allemand, lui, l'avait.

Un jour de 1945, un collègue de Szpilman, le violoniste Zygmunt Lednicki (Majorek dans le film) lui confie être passé devant un camp provisoire de prisonniers allemands, sur le chemin de Varsovie, où il n'a pu s'empêcher d'interpeller les Allemands pour leur cracher toute son amertume. C'est à ce moment que, apprenant que Lednicki/Majorek était un musicien polonais, que le fameux soldat allemand s'est péniblement levé pour s'approcher de lui et lui demander s'il connaissait Szpilman et de venir le sauver, implorant. Lednicki/Majorek (bon, adoptons plutôt Majorek vu que c'est plus facile à écrire et que je compte surtout me baser sur la version du film) lui demande son nom. Majorek, dans le film, ne parvient pas à entendre la réponse de l'Allemand. Mettons que dans mon imaginaire, ce n'est pas le cas, et Majorek a un nom à donner à Szpilman : Wilm Hosenfeld.

Apprenant cela, Szpilman part en direction du camp de prisonniers, en compagnie de Majorek. Seulement, à l'inverse du film, le camp est toujours à son emplacement. Szpilman s'approche des barbelés et tente de reconnaître son sauveur. Il y a tellement de prisonniers allemands, qui se ressemblent tous avec leurs manteaux gris-vert, les blessures et hématomes, et leurs expressions de fatigue et de souffrance sur leurs visages. Szpilman se résout à appeler Hosenfeld et de signaler sa présence. Cela attire l'attention d'Hosenfeld mais aussi des autorités russes. Ces dernières beuglent à Szpilman qu'un civil comme lui n'a pas le droit de se trouver là et de s'éloigner des prisonniers, alors qu'Hosenfeld s'approche péniblement tout en répétant inlassablement, comme une prière, le nom de Szpilman et des « Pitié, sortez-moi d'ici » qui fendent le cœur au pianiste. Il promet à Hosenfeld d'essayer de trouver un moyen de le faire sortir de là tandis que les gardes russes l'éloignent des barbelés.

Szpilman décide de se tourner vers les autorités russes du camp. Épaulé par Majorek, il se présente et demande aux autorités russes la permission d'emmener avec lui l'ancien capitaine Hosenfeld. Les autorités sont incrédules et demandent, non sans une certaine ironie : « Pourquoi un Juif voudrait sauver une de ces crapules de Nazis ? ». Szpilman leur raconte donc son histoire, mais les Russes ont peine à croire qu'un soldat allemand ait pu porter secours à un Juif pendant la guerre. Szpilman supplie les autorités qui ne veulent rien entendre. « Désolé, sans preuves, on ne peut rien faire pour vous. » avant d'ajouter que, de toute façon, le camp serait déplacé ailleurs, en sol soviétique, et que « son » Allemand ne sera plus que le cadet de ses soucis.

Szpilman leur jure de leur rapporter des preuves de la bonté d'Hosenfeld. Peut-être avait-il confié à quelqu'un, ou écrit dans un journal, sa rencontre avec Szpilman ? Le pianiste quitte le camp, non sans regrets, et se met à faire des recherches sur Wilm Hosenfeld. Il parvient à contacter sa famille et leur faire part de la situation de Wilm Hosenfeld. La famille Hosenfeld décide d'allier ses efforts à ceux de Szpilman pour faire sortir Hosenfeld de prison, et lui envoie le journal d'Hosenfeld et une liste des Juifs qu'il a sauvé pendant la guerre. Quelle n'est pas la surprise de Szpilman en découvrant qu'il est le 4e dans la liste, et que le journal d'Hosenfeld montre non seulement que c'est un homme bon et pacifiste, qui a honte d'être Allemand après toutes les atrocités commises pendant la guerre et qu'il a porté secours et assistance à d'autres Juifs. Rassemblant toutes ces preuves, et les témoignages des Juifs qu'Hosenfeld a sauvé, Szpilman repart vers le camp en compagnie de Majorek, et présente les preuves aux autorités russes.

Et là, trois scénarios peuvent être proposés :

A) Les Russes, face à ces preuves et témoignages, acceptent que Szpilman reparte avec Hosenfeld
B) Les Russes, malgré les preuves et témoignages, refusent de libérer Hosenfeld et Szpilman repart, dépité, à Varsovie. Avec beaucoup d'appréhension, il décide de rassembler tout son courage pour aller demander de l'aide a chef du NKVD polonais, un criminel mais la personne la plus puissante du pays et lui raconte son problème. Cette personne, Jakub Berman, lui promet de faire le nécessaire et, au bout de quelques jours, téléphone chez Szpilman pour lui annoncer la bonne nouvelle : comme le camp est encore en Pologne, et non sous la juridiction soviétique, il a été en mesure d'ordonner la libération d'Hosenfeld.
C) Les Russes, malgré les preuves et témoignages, refusent de libérer Hosenfeld. Szpilman décide de tenter le tout pour le tout et d'orchestrer l'évasion d'Hosenfeld. C'est ainsi qu'avec un plan/scénario digne d'un film d'action américain incluant un camion fonçant dans le tas et Szpilman parvenant à récupérer Hosenfeld, le mettre dans le camion et demander à Majorek de pousser sur le champignon.

Peu importe le scénario, Majorek lance à Szpilman : « Si on m'avait dit qu'un jour, j'aiderais à sauver un Nazi... »

L'histoire ne s'arrête évidemment pas là, mais ce sera pour un autre épisode.

Affaire à suivre...
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