calimera: (Young Albus Dumbledore (Harry Potter))
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En rangeant des documents sur l'ordinateur, forcément on retrouve de vieilles fanfictions sorties tout droit du tiroir !

Je suis notamment tombée sur cette vieille histoire, toujours un work in progress depuis cinq ans. Je commence à écrire des trucs et parfois (souvent), je ne les termine pas. Mais un jour, je le ferais. Si, si !

En attendant, voici quelques extraits de Long Live the King, un twoshot centré sur la relation entre Isis et Seth (plus ou moins) qui abordera des épisodes de la mythologie égyptienne comme l'usurpation du trône d'Osiris par Seth, la conception d'Horus, et la lutte entre Horus et Seth pour le trône d'Osiris (c'était un projet très ambitieux pour moi, je me demande si j'arriverais à le concevoir)


Long live the King, the King is dead
Your prayers won't call him back to your bed
With all this blood I've laced upon the moon
No spells of tricks will bring him home
Long live the King, the King is mine, the King is dead.
___ The King, Morgan.

Isis se croyait dans un rêve.
Tout d’abord parce qu’elle se trouvait non loin de la salle du trône et que celle-ci lui paraissait affreusement étrangère. Les murs étaient nus, la salle était froide malgré la foule de fidèles et du peuple d’Égypte. Le soleil ne s’était pas encore couché mais brillait d’un éclat inquiétant et baignait dans un ciel écarlate, comme une mer de sang. Et enfin, l’image irréaliste qui se tenait devant elle.

Isis fixait le trône d’Osiris. Ou plutôt la personne postée sur le trône d’Osiris.

Ce n’était pas son mari. La silhouette était indéniablement masculine, mais elle n’appartenait pas à son mari. La silhouette, bien qu’assise et haute, était moins grande que celle d’Osiris, le teint de peau était plus sombre, les cheveux plus longs tombaient en cascade sur les épaules dénudées – à l’exception du large et luxueux collier – le sourire sur les lèvres était cruel et les yeux brillaient d’une lueur qu’Isis connaissait aussi bien qu'elle se connaissait elle-même mais qu'elle n’avait jamais vu chez Osiris.

C’était un étranger sur le trône d’Osiris, c’était un étranger qui était coiffé de la double couronne et habillé des parements du Pharaon. Un étranger familier, mais pas la personne à qui le trône était destiné de droit.

Ce ne fut qu’alors que l’horreur s’empara d’Isis, alors que sa sœur – qui venait de la rejoindre – laissa échapper une exclamation – alors qu’elle observait la double couronne et les attributs de Pharaon sur cette personne, alors qu’elle entendait la dite-personne raconter au peuple d’une voix faussement désolée et attristée la disparition du monde des vivants du regretté et bien-aimé Pharaon Osiris.

Saisie d’horreur, elle se détacha de sa sœur, qui l’avait agrippé par le bras, et recula lentement jusqu’à heurter la surface dure et froide d’un mur. Nephtys la rejoignit et, dans un geste qu’Isis supposa être de prudence, peur ou compassion, posa ses mains sur les épaules de sa sœur.

C’est en observant à nouveau l’imposteur sur le trône qu’Isis se dit que les dieux ne rêvaient pas. Non. Ils faisaient des cauchemars. La vie aisée, les pouvoirs et l’immortalité faisaient parti du rêve que les dieux étaient supposés vivre, qui n’étaient réservé qu’aux Dieux, c’était leur privilège. En compensation, ils étaient plus soumis aux mauvais songes qui devenaient parfois réalité.

Ce n’était pas Osiris sur le trône. Bien-sûr que ce n’était pas lui. Lui était dans l’Au-delà à présent. Un endroit qu’Isis n’ira sans doute jamais, qu’elle ne connaîtrait jamais sans mourir, qu’elle ne connaîtrait pas avant d’avoir vengé l’affront fait à elle, à elle et à son époux.

Les yeux d’Isis brûlèrent d’une lueur féroce, assassine.

Car c’était Seth, leur frère, qui était à présent sur le trône. Son frère qui, en cet instant, cherchait son regard, le sien, à elle, et qui, lorsqu’il le trouva, lui offrit un sourire satisfait qui semblait la narguer et lui annoncer que, cette fois, la magie d’Isis ne suffirait pas pour changer la situation.

Ma très chère sœur, cette fois la magie ne pourra pas sauver ton mari. Il est mort et il le restera. Aucune âme ne revient de l’au-delà. J’ai gagné, Isis. Et aucun tour de magie, aussi puissante sois-tu dans cet art, ne parviendra à faire revenir à la vie Osiris. Ton mari ne reviendra plus jamais Isis, plus jamais…

Et alors qu’il se délectait du désespoir d’Isis, Seth se leva et, dans un geste qui se voulait solennel mais qui se contrastait par son air suffisant, se mit à acclamer :

- Le Roi est mort. Vive le Roi.

* * *

Poussière vivante, je cherche en vain ma voie lactée
Dans ma tourmente, je n'ai trouvé qu'un mausolée.
___ À quoi je sers, Mylène Farmer.

Isis n’était pas restée longtemps dans la salle du trône. Entendre les sujets qui furent ceux de son mari proclamer à présent Seth l’insupportait. Elle avait l’impression qu’un poignard lui rentrait dans le cœur. Elle ne pouvait pas assister au triomphe de Seth, elle ne pourrait pas le supporter.

Que Seth triomphe sur sa victoire, et son désespoir à elle, pour l’heure. Isis lui accordait cette victoire mais jurait au plus profond d’elle-même de ne pas laisser l’affront impuni. Elle trouverait un moyen de se venger. Que Râ en soit témoin, Isis jurait de ne pas trouver le repos tant que Seth serait sur le trône de son mari.

Elle pouvait sentir le goût amer de la trahison dans sa bouche. Elle brûlait intérieurement de rage. Comment avait-il pu faire à Osiris, pensait-elle, mais pire que tout comment avait-il pu lui faire ça à elle, après tout ce qu'ils avaient partagé ensemble lorsqu'ils étaient enfants ? Puis, elle se ressaisit. Le temps n'était plus aux réminiscences d'enfants. Ce temps-là était mort, révolu, tombé en poussière.

- Est-ce que tu tiens toujours à moi, comme avant ? demanda Nephtys doucement, d’une voix languissante, presque mourante, les yeux à demi-clos et humides.

Isis lui adressa un sourire qui voulait se montrer rassurant et ses yeux s’adoucirent. Ce n’était pas fréquent que sa sœur laisse tomber devant elle ses barrières, son côté faible, humain. Sa cadette semblait si vulnérable, là, face à elle, dans la crainte de savoir si les actions de son redoutable mari allaient, oui ou non, engendrer leur relation. Elle s’efforçait tant bien que mal à paraître être une femme forte, d’être la femme de Seth. Une femme digne, forte et humble.

- Si je ne t’aimais pas, tu ne serais pas là, lui répondit Isis avec un sourire triste. Tu m’as toujours été loyale, ma pauvre et chère Nephtys (menteuse, menteuse, menteuse, lui susurrait une voix tout au fond d'elle), et je sais mieux que quiconque que tu n’as pas choisi ton époux.

Non, elle ne l’avait certainement pas choisi. Si on lui avait laissé le choix, Nephtys aurait choisi Osiris. À dire vrai, si elle avait eu le choix entre tous les dieux et tous les hommes d’Égypte, elle aurait toujours choisi Osiris. Isis se souvenait encore de la nuit où Nephtys était venue à elle, désespérée, en la suppliant d’échanger avec elle. Mais Isis savait mieux que quiconque que c’était une décision irrévocable. C’était une décision de Râ et elle ne pouvait être changée ou contestée. En son for intérieur, et malgré la peine qu’elle avait pour Nephtys, Isis en avait été soulagée. Sa main avait été accordée à celui qu’elle aimait et qui l’aimait en retour depuis leur tendre jeunesse. Un mariage avec Seth aurait été impensable, terrifiant, stérile et n’aurait résulté qu’entre eux que de violentes disputes conjugales. Isis ne s’était jamais entendue avec Seth (menteuse, menteuse, menteuse) et avait toujours encouragé son époux à se battre pour le trône d’Égypte et pour asseoir sa domination en tant que Pharaon et chef de famille, ne laissant Osiris la toucher que lorsque ces deux objectifs eussent été atteints.

Nephtys lui rendit son sourire, un sourire faible mais un sourire tout de même, puis elle resta sans réaction un moment. Enfin, elle leva doucement, sans un son, son bras en direction d’Isis. Elle se rapprocha d’elle et enlaça son bras avec le sien. Isis la laissa faire, et, après un moment de silence partagé entre les deux sœurs, elle baissa son regard pour le poser sur son enfant qui était toujours profondément endormi.
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